Le BioQuizz du mois de janvier 2012
Malgré une vague ressemblance qui n'est qu'apparente, en quoi ces espèces sont-elles très différentes ? |
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Réponse : Ces espèces sont très différentes car la première est un végétal, il s'agit d'une algue (la liagore), alors que la seconde est un animal, il s'agit d'une colonie de vers tubicoles (la salmacine). Informations complémentaires : Liagore (Liagora viscida) : cette algue se rencontre en Méditerranée et dans l'Atlantique, depuis le Maroc jusqu'en Bretagne, dans des petits fonds bien éclairés et peu agités, sur substrat dur. Malgré sa couleur blanche, cette algue fait partie des algues rouges ! Les pigments rouges qu'elle contient sont en effet masqués par le calcaire accumulé dans ses cellules. Néanmoins, en regardant de près on peut parfois observer sur les pointes, aux extrémités (zones de croissance), une couleur rose violacée, là où la calcification ne s'est pas encore faite. L'algue reste toutefois souple et forme des petits « buissons » pouvant atteindre 10 cm de diamètre. Ses « rameaux » sont fins et cylindriques et présentent une division dichotomique (2 « branches » à chaque division). Attention, vous ne pourrez observer cette algue qu'au printemps et surtout en été (ça tombe bien c'est en général les moments où l'on plonge dans nos contrées). Son cycle de vie la rend donc invisible une partie de l'année. Après avoir lâché ses gamètes (cellules reproductrices) l'algue disparaît. Les gamètes fusionnent et donnent des filaments invisibles à l'œil nu, qui vont donner des spores desquels se développera la liagore que nous connaissons ! INCROYABLE ! Sur la photo, elle est mélangée à des padines ou queues de paons (en forme de copeaux enroulés), autres algues calcifiées, mais du groupe des algues brunes, très répandues sur des fonds bien éclairés aussi. La salmacine (Salmacina claparede ou Filograna implexa) : Encore plus INCROYABLE ! Ce petit buisson, accroché aux gorgones, est une colonie de vers tubicoles (bioquizz décembre 2010). Chaque ramification est un fin tube calcaire (diamètre intérieur d'environ 0.5 mm) dans lequel se trouve un ver dont on peut distinguer le panache branchial à l'extrémité du tube (avec de très bons yeux !). Sur la photo du jeu, on peut voir les panaches, mais ça va mieux avec un très gros plan : |
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Il existe plusieurs espèces dernière le vocable français de « salmacine » (d’où plusieurs noms latins) mais elles sont très semblables et c’est affaire de spécialiste pour les différencier. La salmacine est cosmopolite, elle se rencontre dans toutes les eaux du globe, après une probable dissémination via les coques des bateaux. Cette colonie de vers, extrêmement fragile (tubes très cassants) vit dans des zones calmes fixées sur des gorgones ou des parois en surplomb, à partir de 5m (mais généralement plutôt à partir de 15-20m, là où les premières gorgones apparaissent) et jusqu’à très profond (au-délà du domaine des plongeurs même trimix). On ne touche pas et on fait attention de ne pas les frôler avec les palmes ou créer un mouvement d’eau violent qui peut briser les tubes.La colonie peut atteindre 30 cm de diamètre, celles que l’on voit en font le plus souvent une dizaine. C’est par reproduction asexuée que la colonie se développe : des vers libèrent une partie de leur corps qui forme un nouvel individu qui construit son propre tube et accroit la colonie. Il y a aussi une reproduction sexuée avec libération des gamètes et formation d’œufs qui formeront peut-être de nouvelles colonies. Commentaires de la rédactrice : Bravo à ceux qui ont cherché, ce n’était pas évident quand on ne connaît pas et avec nos idées reçues de terriens. À noter que l’un d’entre vous avait trouvé LA différence (végétal – animal) entre ces espèces mais à l’envers ! Comme quoi, sous l’eau, il vaut mieux ne pas se fier aux apparences ! Un autre bio-joueur s’est amusé à lister les points communs entre ces 2 espèces et, finalement, il y en avait aussi : le calcaire, la vie en eau calme en milieu abrité, une reproduction assez complexe … Nous n’avons pas fini de nous poser des questions ! D’ailleurs je vous y invite dans le bio-quizz de février. Florence |
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